Une Vagabonde

Introduction à la vie bohème...
Point Reyes - Champs
Amérique

Point Reyes: balade au bout de mes peurs

Situé à plus ou moins une heure de route de San Francisco, le Point Reyes Natural Park était la première étape de mon road-trip estival sur la côte nord de la Californie.

Au volant de ma Kia Soul de location, je parcours le coeur vaillant les petites routes de campagne qui m’emmènent à la porte du parc naturel. À partir de là, une pensée insidieuse commence à se manifester. Un parc naturel. De la nature. Des herbes. De la forêt. Des animaux. Des animaux? Aïe… je parie qu’il y a des serpents.

Je travaille depuis plusieurs années à transcender cette peur viscérale qui m’empêche de donner libre cours à mes envies les plus folles. Pourquoi croyez-vous que je ne sois pas encore allé visiter l’Australie et la Nouvelle Zélande? Pourquoi croyez-vous que j’évite toujours les pays chauds et humides d’Asie? Bref, eux et moi, on n’est pas copains.

Pourtant, je n’ai pas envie que cette phobie gâche mon voyage. Je suis dans un magnifique parc naturel, je ne vais tout de même pas rester dans la voiture!

Je m’arrête donc au Bear Valley Visitor Center pour récupérer une carte des lieux et évaluer les risques. La ranger qui s’occupe de moi est une femme d’une cinquantaine d’années, à l’apparence assez masculine et à la voix très douce. Je lui parle de mes angoisses et la conversation se transforme en thérapie.

Elle commence par m’expliquer que depuis toujours les serpents sont associés aux femmes dans de nombreuses cultures et que c’est surprenant comme aujourd’hui tout les oppose (oui, oui, moi j’y suis profondément opposée). Ensuite, elle me conseille de taper très fort des pieds lorsque je marche. C’est la technique qui lui a été enseignée lorsqu’elle devait dormir dans des gîtes perdus au milieu des terres Australiennes (quand je vous le disais)… « On rentrait, on tapait un peu des pieds, et pfft… ils partaient tous! » (et ils arrivaient à dormir? Mais qu’est-ce qui empêchait donc les serpents de revenir???) Enfin, elle me rassure un peu en me disant que, de toutes façons, ils ont plus peur de moi que l’inverse (on parie?) et que si jamais il y en a un qui croise mon chemin, c’est probablement que je devais me retrouver face-à-face avec lui. Là, elle marque un point.

La Earthquake Trail de Point Reyes

Point Reyes Earth Quake Trail

C’est donc penaude, et avec ma carte sous le bras que je prends la direction de la Earthquake Trail. C’est une toute petite rando (2 kilomètres), sur route pavée. Probablement ma meilleure chance d’éviter de mauvaises rencontres. Pourtant, j’ai encore la peur au ventre lorsque je m’avance sur le chemin paisible.

Je n’arrive pas à contrôler mes pensées, et je me dis qu’à force d’imaginer des serpents partout, je vais bien finir par en trouver un. La solution brillante que je trouve: piquer un sprint.

  • Un: si je cours ça passera plus vite.
  • Deux: si je cours, j’ai l’air moins ridicule à taper des pieds sur le bitume.
  • Trois: si je cours, mon pouls s’accélère et mon système nerveux s’active sur zones différentes: plus de place pour les pensées malsaines de mon cerveau.

À mi-chemin, je me retrouve face à une famille de français (qui l’eut cru) qui me regardent éberlués. Ils sont entrain de lire consciencieusement les panneaux explicatifs, et, moi, je suis entrain de passer à côté de quelque chose qui pourrait être vraiment intéressant. Je me sens bête. Du coup, je m’arrête. Je regarde autour de moi, c’est joli, je respire. Je lis un panneau aussi. Tiens, c’est éducatif.

Il se trouve qu’une des particularités de Point Reyes National Park, c’est de se trouver à la jonction de deux plaques tectoniques: la Pacific plate, sur la partie ouest et la North-American plate dans les terres. Et les plaques tectoniques, c’est comme moi et les serpents: quand elles se rencontrent ça provoque des secousses. La Earthquake Trail nous fait passer de l’une à l’autre.

Au final, le reste de la balade a été sans accros. Au pas, tranquille et sans aucune « mauvaise rencontre ». J’ai pu profiter un peu de cette magnifique réserve naturelle.

Que faire à Point Reyes National Seashore?

Mon pit-stop étant relativement court, dû aux nombreux kilomètres qui m’attendaient avant de rejoindre Eureka, CA, je n’ai pas pu profiter de tout ce que le parc avait à offrir. Mais, outre la Earthquake Trail, et selon mon amie la park ranger, il y a de nombreuses choses à voir:

Limantour beach: une plage abritée, sans surveillance, et proche du Estero de Limantour, où l’on peut voir de nombreux oiseaux.

Mount Vision Overlook: avec sa vue panoramique de la péninsule de Point Reyes depuis les 390 mètres d’altitude du Mount Vision.

Point Reyes beach: les 18 kilomètres de plage qui longent la côte ouest de la péninsule, aux vagues dangereuses.

Point Reyes lighthouse: avec ses vues spectaculaires de la plage et de l’océan Pacifique. En descendant les 300 marches qui mènent au phare, on se trouve au meilleur endroit pour observer la migration des baleines grises, l’hiver.

Chimney Rock: pour voir les phoques-éléphants, et les floraisons de printemps.

Et bien d’autres choses encore, à explorer sans peur.

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