Une Vagabonde

Introduction à la vie bohème...
Iberia
Amérique

33 heures de voyage – Le jour le plus long

Le rêve d’une vie démarre ici. Exactement trente-trois heures après avoir quitté mon appartement lyonnais, j’arrive dans mon hôtel de Buenos Aires. Nous sommes en Décembre 2014. C’est le dernier hourra de mes 40 ans: je m’offre la Patagonie. L’aventure a démarré très vite, je n’imaginais pas ce que ces heures de voyage avaient en réserve…

Je voyage en mode économique. Je ne voyage pas encore très souvent, je n’ai donc aucun statut, aucune valeur aux yeux d’Iberia. Sur le vol Madrid – Buenos Aires, je me retrouve donc tout au fond de l’avion près des toilettes (youpi), heureusement, côté fenêtre. Très rapidement un grand Argentin d’une cinquantaine d’année vient me tenir compagnie. Ils sont tout un groupe à porter les couleurs d’une équipe sportive. J’imagine que c’est du foot. Lui, il semblerait qu’il soit masseur ou soigneur, ou un truc dans le genre… Il tient absolument à me faire la conversation pendant ces 12 heures de vol. Le truc, c’est que si je comprends un peu l’espagnol, et donc, ce qu’il me raconte, je suis totalement incapable de lui répondre. C’est donc une conversation à sens unique, mais il n’a pas l’air de s’en offusquer.

À notre arrivée à Buenos Aires, il y a des fans qui attendent tout le long de la route pour célébrer le retour de leur équipe. On est accueillis à grand renfort de banderoles et de chansons… Je commence à me dire que c’était peut-être bien des joueurs de foot.

Dès 6h00, à l’aéroport d’Orly, et l’enregistrement pour le vol Paris-Madrid, on sent que les regards s’échangent et s’interrogent. Certaines personnes arborent fièrement des sacs de voyage Terres d’Aventure (le voyagiste que j’ai choisi après avoir bataillé quelques temps avec mes parents – eh oui, le « enfin, ma fille,  tu ne vas pas aller en Argentine toute seule, ce n’est pas sérieux »… c’est toujours vrai après 40 ans). On ne connaitra les gens qui sont dans notre groupe que lors de notre arrivée à Buenos Aires, alors, en attendant, c’est un jeu de devinette: « Tiens, ceux-là on des chaussures de rando, peut-être qu’ils sont avec moi. » Je choisi de m’isoler. Je vais passer trois semaines avec ces gens… je profite donc un peu de ma solitude. Et je prie pour tomber sur un groupe sympa.

El Conquistador
El Conquistador, Buenos Aires

Trente-trois heures de voyage plus tard, je me retrouve dans une chambre d’hôtel que je partage avec une personne que je ne connais pas. Elle a l’air un peu plus âgée que moi, mais pas trop. Elle est à l’aise avec la situation. Moi, un peu moins. On échange trois mots. La (tentative de) conversation avec mon ami Argentin m’a épuisée, sans compter l’inconfort de l’avion et la longue attente à Madrid. Je ne suis pas d’humeur badine. Heureusement, elle a vite fait de se brosser les dents et on éteint les lumières.

La chambre d’hôtel est propre et sans grand chichi. C’est tout à fait suffisant pour cette courte nuit. Je crois que j’aurais pu m’endormir par terre à ce stade. De toutes façons, tout m’est égal. Demain, je me réveille en Argentine.

heures de vol
En route pour El Calafate

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